Dans l’Allier, Emmanuel Macron défend “les cathédrales industrielles françaises”

“Bâtir les nouvelles cathédrales industrielles françaises” . Voilà l’ambition d’Emmanuel Macron, portée ce mercredi 22 avril lors d’un déplacement dans l’Allier. Le président français s’est rendu sur le site d’Echassières, future mine de lithium, pour défendu la nouvelle méthode de l’Etat qui doit permettre d’accélérer la réalisation des grands projets industriels et agricoles stratégiques afin de garantir notre souveraineté.

Au milieu d’une actualité internationale chargée, le chef de l’Etat a présidé le traditionnel Conseil des ministres depuis Montluçon.”Il faut que j’aille à la mine!”, a-t-il ensuite lancé après un bain de foule.

150 “grands projets stratégiques”

Casque bleu sur la tête, gilet orange sur le dos Emmanuel Macron sur le site d’Echassieres dans l’Allier veut aller plus vite, faire sortir de terre les projets industriels de demain dans un temps record. Pour cela, un exemple à suivre selon le président : le chantier de la reconstruction de la cathédrale de Paris. “Un modèle d’accélération” que le chef de l’Etat souhaite répliquer ici, pour la future mine de lithium de l’entreprise Imerys.

Un projet, baptisé Emili”, qui fait partie des 150 projets identifiés comme stratégiques pour atteindre cette indépendance industrielle et dont le président français veut donc accélérer la mise en œuvre. “La méthode Notre Dame pour Emmanuel Macron, c’est avant tout l’accélération de la mise en œuvre des projets industriels qui passe notamment par la simplification administrative, détaille notre journaliste Annabelle Grelier.

Alors ces 150 projets stratégiques, quels sont ils ? “Des centres de données, des unités de recyclage, une usine de freins carbone de Safran, l’extension d’un site de production d’obus de KNDS ou encore des projets d’extraction de lithium comme celui d’Imerys dans l’Allier soit 70 milliards d’euros d’investissements cumulés et plus de 30.000 emplois répartis dans 63 départements”, poursuit notre journaliste.

Accélérer et simplifier leur mise en oeuvre

“Tout l’enjeu est de leur donner un coup d’accélérateur afin de pousser la réindustrialisation et le renforcement de la souveraineté industrielle et alimentaire, puisque l’agriculture est aussi concernée. La méthode prévoit donc des procédures accélérées, délais d’autorisations et de permis raccourcis ou encore la limitation des contentieux. Un décret gouvernemental paru ce mercredi matin au Journal OfficielOuverture dans un nouvel onglet prévoit notamment de réduire la durée des recours au titre du droit environnemental contre les projets industriels à moins de dix mois”, ajoute Annabelle Grelier.

De son côté, le ministre délégué à l’Industrie a annoncé « une nouvelle vague de « sites clés en main » confiés aux préfets ». Ces sites ont pour particularité d’être immédiatement disponibles pour des activités industrielles ou logistiques. Leurs procédures relatives à l’urbanisme, à l’archéologie préventive et à l’environnement ont de surcroît été anticipées afin de permettre une instruction rapide des autorisations nécessaires.

La mine d’Echassieres, “incarnation de nos objectifs de souveraineté”

Parmi ces grands projets retenus, il y a donc ce site d’Echassières. Quatrième gisement au monde de lithium, ce métal est stratégique pour le fonctionnement des batteries des voitures électriques. Classé projet d’intérêt national majeur à l’été 2024, l’Etat a investi 50 millions d’euros pour permettre de finaliser l’étude de faisabilité définitive de la future mine de l’entreprise Imerys.

Sa mise en route est attendue pour 2030. Objectif : produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et équiper 700 000 voitures électriques là aussi chaque année. Un projet déterminant pour assurer l’indépendance industrielle de la France “à tous les niveaux de la chaîne”, selon le président français. Cet avis est partagé par Yves Jégourel, professeur titulaire de la chaire « Economie des matières premières et transitions durables » au Conservatoire national des arts et métiers, invité du Journal de 12h30 ce mercredi.

Mais cette mine ne fait pas l’unanimité dans l’Allier. Ce mercredi, une centaine d’opposants ont manifesté dans le centre-ville de Montluçon pour dénoncer le cout environnemental du projet, trop gourmand en énergie selon eux et porteurs de risques potentiels pour la biodiversité et la pollution de l’eau. De son côté, la CGT de l’Allier a elle aussi organisé un rassemblement pour porter l’attention du gouvernement sur les nombreux plans sociaux qui se multiplient dans la région, malgré le soutien affiché de l’Etat pour l’industrie. De la société Erasteel, spécialisée dans les aciers rapides, à l’équipementier automobile allemand Bosch, pas moins de 600 emplois industriels sont menacés dans le département rappelle le syndicat.